« Faire un agent » ne veut rien dire. Et on continue à le dire.

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« On veut un agent IA » est la phrase la plus fréquente en première réunion de cadrage, et la moins actionnable. Un agent au sens strict (planification autonome, choix d’outils, boucle de raisonnement) n’est pas la même chose qu’un workflow d’automatisation avec un appel LLM à une étape, ni qu’un copilote qui suggère sans jamais agir seul.

La confusion coûte cher : elle fait dimensionner un projet d’agent autonome — complexe, coûteux à sécuriser, difficile à auditer — quand un simple workflow déterministe avec un point de décision assisté par IA suffirait, serait livré deux fois plus vite, et serait infiniment plus facile à expliquer à un comité de direction.

Cinq questions permettent de trancher en cadrage : le système doit-il enchaîner plusieurs étapes sans validation humaine intermédiaire ? Doit-il choisir lui-même quel outil ou quelle donnée consulter ? L’erreur, si elle se produit, est-elle réversible sans intervention humaine ? Le volume justifie-t-il l’coût d’audit d’un système autonome ? Et surtout : qu’est-ce qui, concrètement, ne peut pas être fait par un formulaire et une règle simple ? La majorité des besoins exprimés comme « un agent » se répondent par un workflow. Le reste, on le construit — mais en le nommant correctement dès le départ.

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